Isolation phonique au liège : notre avis

# Isolation phonique au liège : notre avisL’isolation phonique représente aujourd’hui un enjeu majeur dans l’habitat moderne, particulièrement dans les environnements urbains denses où les nuisances sonores affectent directement la qualité de vie. Le liège, matériau naturel aux propriétés acoustiques remarquables, s’impose comme une solution technique performante pour atténuer les bruits aériens et solidiens. Issue de l’écorce du chêne-liège méditerranéen, cette ressource renouvelable combine performances acoustiques, durabilité environnementale et facilité de mise en œuvre. Contrairement aux isolants synthétiques, le liège offre une structure alvéolaire unique qui piège efficacement les ondes sonores tout en régulant naturellement l’humidité. Cette double fonctionnalité en fait un choix privilégié pour les projets de rénovation acoustique exigeants, que vous souhaitiez isoler un mur mitoyen bruyant, réduire les impacts au sol ou améliorer le confort acoustique global de votre logement.

Propriétés acoustiques du liège expansé en isolation phonique

Coefficient d’absorption acoustique du liège : valeurs et mesures en laboratoire

Le coefficient d’absorption acoustique du liège expansé, mesuré selon la norme ISO 354, révèle des performances particulièrement intéressantes dans le spectre des fréquences moyennes et hautes. Les tests en laboratoire démontrent qu’une plaque de liège expansé de 30 mm d’épaisseur atteint un coefficient d’absorption acoustique de 0,15 à 125 Hz, augmentant progressivement jusqu’à 0,40 à 2000 Hz. Cette progression traduit l’efficacité croissante du matériau face aux fréquences aiguës et médiums. La structure cellulaire du liège, composée de millions de cellules remplies d’air, agit comme un réseau d’amortisseurs microscopiques qui dissipent l’énergie sonore par friction interne. Les mesures réalisées en chambre réverbérante confirment que le liège expansé noir, obtenu par autoclavage à 300°C, présente des performances supérieures au liège naturel aggloméré, avec des valeurs d’absorption pouvant atteindre 0,55 dans les fréquences supérieures à 4000 Hz.

Densité du liège et impact sur l’atténuation des décibels

La densité constitue un paramètre déterminant dans l’efficacité acoustique du liège. Les produits disponibles sur le marché présentent des densités variables, généralement comprises entre 100 et 250 kg/m³ pour le liège expansé, et jusqu’à 500 kg/m³ pour certains composites liège-caoutchouc. Une densité plus élevée améliore significativement l’atténuation des basses fréquences, particulièrement problématiques dans l’habitat. Des essais comparatifs ont démontré qu’un panneau de liège de 40 mm avec une densité de 120 kg/m³ procure un affaiblissement acoustique de 47 dB, tandis qu’un panneau de 50 mm atteint près de 50 dB. Cette relation non linéaire entre densité et performance acoustique s’explique par la loi de masse : plus un matériau est dense, plus il oppose de résistance à la propagation des ondes sonores. Toutefois, vous devez trouver l’équilibre optimal entre densité et coût, car les liège haute densité impliquent un tarif significativement supérieur.

Fréquences sonores ciblées : graves, médiums et aigus

Le liège présente un profil d’absorption acoustique qui varie sensiblement selon les plages de fréquences

et c’est précisément cette répartition qui va conditionner le type de nuisances que le liège permet de traiter. Sur les fréquences graves (en dessous de 250 Hz), comme les basses de musique, le roulement des camions ou les bruits de pas lourds, le liège seul reste moins performant que des systèmes masse‑ressort‑masse plus lourds. En revanche, dans les médiums (500 à 2000 Hz), qui correspondent aux voix, à la télévision ou à la plupart des bruits domestiques, le liège offre un très bon compromis entre absorption et affaiblissement. Enfin, dans les aigus (au‑delà de 2000 Hz), les structures alvéolaires du liège expansé dissipent très efficacement l’énergie sonore, ce qui limite les réverbérations et « casse » l’écho dans les pièces résonantes.

Dans la pratique, cela signifie que le liège est particulièrement pertinent pour améliorer le confort acoustique au quotidien : conversations, bruits de chaises, claquements de portes ou bruits de vaisselle sont nettement atténués. Pour les fréquences très graves, il sera souvent judicieux de combiner le liège avec d’autres matériaux lourds (plaques de plâtre phoniques, panneaux de gypse haute densité, béton, etc.) afin de profiter de la complémentarité des performances. Cette approche multicouche permet de couvrir un spectre large, en tirant parti de la capacité du liège à absorber et désolidariser sans multiplier les épaisseurs.

Comparaison avec la laine de roche et la ouate de cellulose

Face aux isolants classiques comme la laine de roche ou la ouate de cellulose, le liège se positionne comme une alternative plus dense et plus polyvalente. Sur le plan purement thermique, la conductivité du liège (λ ≈ 0,037–0,040 W/m.K) est légèrement moins favorable que celle de certaines laines minérales (λ ≈ 0,032–0,036 W/m.K), mais l’écart reste modéré. Sur le plan acoustique en revanche, la comparaison ne se limite pas à la valeur λ : la densité, la rigidité dynamique et la structure cellulaire du matériau jouent un rôle majeur dans l’isolation phonique.

La laine de roche offre une très bonne absorption acoustique, notamment lorsqu’elle est enfermée dans des cloisons légères (systèmes type BA13 + ossature + laine minérale). La ouate de cellulose présente aussi de bons résultats, surtout en remplissage de caissons, grâce à sa densité ajustable (45 à 60 kg/m³ en général). Le liège expansé, avec des densités pouvant dépasser 100 kg/m³, se démarque par un meilleur comportement en désolidarisation (sous‑couches, bandes résilientes) et une plus grande stabilité mécanique dans le temps. Il est aussi moins sujet au tassement et ne nécessite aucun traitement chimique pour résister aux rongeurs ou à l’humidité.

En isolation phonique pure, à épaisseur égale, une cloison complexe combinant liège et plaque de plâtre phonique peut rivaliser avec des systèmes à base de laine de roche, tout en offrant un meilleur confort de pose (pas de fibres irritantes) et une durabilité accrue. En revanche, le coût au m² du liège reste nettement supérieur à celui des laines minérales ou de la ouate soufflée. Le choix se fait donc souvent sur des critères de confort, de santé et d’empreinte environnementale autant que sur la performance brute.

Performances du liège contre les bruits aériens et solidiens

Indice d’affaiblissement acoustique rw du liège en cloisons

Lorsqu’il est utilisé en panneaux dans des systèmes de cloisons, le liège contribue directement à l’amélioration de l’indice d’affaiblissement acoustique Rw, mesuré selon la norme ISO 717‑1. Un panneau de liège expansé de 40 mm collé sur un mur maçonné peut atteindre un Rw global d’environ 47 dB, tandis qu’une épaisseur de 50 mm permet d’approcher les 50 dB, sous réserve d’une mise en œuvre soignée. Ces valeurs placent le liège dans la catégorie des solutions efficaces pour traiter les bruits aériens courants : voix, TV, trafic routier modéré, bruits de voisinage.

Vous l’aurez compris, le liège ne « fait pas tout » à lui seul. Inséré dans une paroi masse‑ressort‑masse (mur existant + liège + plaque de plâtre, par exemple), il joue le rôle de ressort amortissant qui vient compléter l’effet de masse des parois lourdes. Plus la dissociation entre les masses est importante (lame d’air, double ossature), plus le système est performant. À titre d’analogie, on peut le comparer à l’amortisseur d’une voiture : il ne porte pas le véhicule (rôle des masses), mais il conditionne grandement le confort et la tenue de route.

Dans les projets d’isolation d’un mur mitoyen, il est courant d’atteindre des niveaux de 55 à 60 dB Rw en combinant liège, ossature désolidarisée et plaques de plâtre phoniques. Ces performances sont suffisantes pour transformer un mur « papier » en véritable barrière acoustique, à condition de traiter aussi les fuites périphériques (prises, plinthes, jonctions plafond/sol). Sans ce traitement global, même le meilleur panneau de liège ne pourra pas compenser les transmissions parasites.

Réduction des bruits d’impact : norme ISO 717-2 et liège sous-couche

Les bruits d’impact (chutes d’objets, talons, déplacements de chaises) se propagent principalement via les structures du bâtiment, ce que l’on appelle les bruits solidiens. Pour les atténuer, le liège est très souvent utilisé en sous‑couche acoustique sous parquet flottant, revêtement stratifié ou même carrelage. Les performances se mesurent via la réduction du niveau de bruit de choc ΔLw, selon la norme ISO 717‑2. Une sous‑couche de liège de 4 à 6 mm peut, selon les produits, apporter une réduction de 14 à 20 dB sur dalle béton nue, ce qui représente une amélioration très perceptible pour les occupants du niveau inférieur.

Plus l’épaisseur et la densité de la sous‑couche augmentent, plus le liège est capable de jouer son rôle de « coussin » entre le revêtement et la structure, en limitant la transmission des chocs. Certains complexes liège‑caoutchouc atteignent des ΔLw supérieurs à 20 dB, ce qui les rend compétitifs vis‑à‑vis des mousses synthétiques haut de gamme. Un point de vigilance toutefois : la sous‑couche ne doit pas être trop compressible sous peine d’engendrer des déformations du sol (flottement des lames, fissuration du carrelage). Il faut donc toujours respecter les recommandations du fabricant, tant en épaisseur maximale qu’en type de revêtement compatible.

Transmission latérale et ponts phoniques dans les installations au liège

Dans un projet d’isolation phonique au liège, la notion de transmission latérale est souvent sous‑estimée. Même si vous obtenez un excellent affaiblissement sur un mur donné, le bruit peut continuer à contourner la paroi par les planchers, les plafonds, les cloisons adjacentes ou les gaines techniques. On parle alors de ponts phoniques. Le liège ne fait pas exception à cette règle : mal posé, il perd une bonne partie de son potentiel.

Concrètement, cela signifie qu’il est essentiel de prolonger les panneaux ou sous‑couches de liège jusqu’aux jonctions critiques et de traiter soigneusement tous les raccords. Un interstice de quelques millimètres non comblé autour d’une prise, d’un encadrement de porte ou d’une plinthe peut devenir un véritable « trou acoustique ». L’utilisation de mastics acoustiques, de bandes résilientes en liège sous les rails de cloisons, ou encore de joints compressibles en périphérie des planchers flottants permet de casser ces chemins de transmission. C’est un peu comme l’eau : si un point faible existe dans votre « bassin », le bruit s’y engouffrera.

Applications techniques du liège pour l’isolation acoustique résidentielle

Isolation phonique des murs mitoyens avec panneaux de liège expansé

Pour traiter un mur mitoyen bruyant (voisins, cage d’escalier, local commun), la solution la plus courante consiste à appliquer des panneaux de liège expansé sur la paroi existante. Selon la place disponible, on peut travailler en collage direct (20 à 50 mm de liège), ou en système sur ossature désolidarisée (liège + laine souple + plaque de plâtre). Plus la paroi est légère au départ (brique creuse, carreaux de plâtre), plus l’apport acoustique du système sera spectaculaire.

En rénovation, un schéma typique peut être : mur existant, collage de 40 mm de liège expansé, puis vissage/collage d’une plaque de plâtre phonique. Cette composition permet d’obtenir un gain de 10 à 15 dB par rapport à la situation initiale, ce qui revient à diviser la sensation de bruit par 2 à 3 pour l’oreille humaine. Pour optimiser le résultat, il est fortement recommandé de prolonger le doublage au moins sur 20 à 30 cm sur les murs adjacents, afin de limiter les transmissions latérales, et de traiter soigneusement les jonctions plafond et sol avec des bandes ou mastics acoustiques.

Sous-couche acoustique en liège pour parquets flottants et carrelages

Vous souhaitez réduire les bruits de pas sans tout casser ? La sous‑couche en liège est alors l’un des moyens les plus simples et efficaces. En rénovation de planchers bois, elle permet de corriger les vibrations et les grincements tout en améliorant l’isolation aux bruits d’impact. Sur dalle béton, elle apporte une rupture entre la structure et le nouveau revêtement, ce qui limite fortement la propagation des chocs vers les niveaux inférieurs.

Les rouleaux de liège de 2 à 6 mm sont généralement posés en plein sur le support (parfois simplement déroulés si le sol est très régulier, parfois collés pour les usages intensifs). Sous parquet flottant, une épaisseur de 3 à 4 mm constitue souvent un bon compromis entre confort et stabilité. Sous carrelage, on privilégiera des produits spécifiquement conçus pour cet usage, plus denses et compatibles avec les colles à carrelage, afin d’éviter toute déformation du revêtement. Là encore, le traitement des périphéries avec un joint souple est indispensable pour éviter la transmission des vibrations aux murs.

Doublage acoustique des plafonds : liège projeté versus plaques de liège

L’isolation phonique d’un plafond est un enjeu récurrent dans les immeubles collectifs et les maisons à étage. Le liège offre deux grandes approches : le liège projeté et les plaques de liège fixées sous plafond. Le liège projeté (enduit liège‑chaux ou liège‑plâtre) est particulièrement intéressant pour les plafonds irréguliers ou difficiles d’accès, car il épouse parfaitement la géométrie existante et limite les ponts phoniques. Il agit surtout comme correcteur acoustique (réduction de la réverbération dans la pièce) et complément thermique.

Les plaques de liège expansé, quant à elles, permettent d’atteindre des performances supérieures contre les bruits aériens venant du dessus, surtout si elles sont combinées à un plafond suspendu sur ossature désolidarisée. Un système performant pourra par exemple combiner : plafond existant, suspentes acoustiques, ossature métallique, 40 à 50 mm de liège entre ossatures, puis double peau de plaques de plâtre phoniques. Un tel ensemble peut gagner 15 à 20 dB sur les bruits aériens, à condition que les planchers ne soient pas trop légers au départ et que les bruits d’impact soient également traités par une sous‑couche côté étage supérieur si possible.

Isolation des cloisons intérieures : épaisseurs recommandées et multicouches

Les cloisons intérieures légères (rails + plaques de plâtre) sont souvent le maillon faible en acoustique, notamment entre chambres, ou entre séjour et bureau. Intégrer du liège dans ces cloisons permet de gagner à la fois en confort phonique et en inertie. On peut soit remplir entièrement le vide avec des panneaux de liège semi‑rigides (20 à 40 mm), soit combiner une première couche mince de liège avec un isolant souple (laine de bois, ouate, laine minérale) pour optimiser le rapport performance/prix.

En pratique, une cloison 72/48 avec un remplissage mixte (10 mm de liège côté pièce bruyante + laine souple au centre + double peau de BA13 phoniques) offrira une isolation nettement supérieure à une simple cloison standard. L’épaisseur exacte dépendra de la contrainte d’emprise au sol, mais 40 à 60 mm de liège cumulés dans une paroi intérieure permettent déjà d’atteindre un très bon niveau de confort, notamment dans les pièces de nuit. Ce type de composition est particulièrement apprécié dans les projets de home‑studio ou de salle de télétravail, où l’on recherche une atmosphère plus feutrée et moins réverbérante.

Formats et conditionnements du liège acoustique disponibles sur le marché

Rouleaux de liège naturel : épaisseurs de 2mm à 10mm

Les rouleaux de liège naturel constituent la solution la plus souple et la plus polyvalente pour l’isolation phonique légère. Proposés en épaisseurs de 2 à 10 mm, ils se présentent généralement en largeurs de 1 m à 1,20 m, avec des longueurs de 10 à 25 m selon les fabricants. On les retrouve principalement comme sous‑couche sous parquet flottant, stratifié ou revêtement souple, mais ils peuvent aussi servir en doublage mince de parois lorsqu’on manque de place (derrière un lambris, un parement décoratif, ou même en panneau mural apparent dans un esprit déco brut).

Plus l’épaisseur augmente, plus la capacité de découplage vibratoire est importante, ce qui améliore l’isolation aux bruits d’impact. En contrepartie, les rouleaux les plus épais (8 à 10 mm) sont un peu plus délicats à poser et nécessitent des revêtements de sol suffisamment rigides pour éviter les marquages ponctuels. Pour un usage résidentiel classique, 3 à 4 mm suffisent souvent à transformer le confort acoustique d’un plancher, à condition de soigner les joints et les relevés en périphérie.

Dalles et panneaux rigides en liège expansé noir : dimensions standards

Les dalles et panneaux de liège expansé noir sont les formats les plus utilisés pour l’isolation phonique structurelle des murs, plafonds et planchers. Les dimensions standards se situent souvent autour de 1000 x 500 mm, avec des épaisseurs allant de 20 à 200 mm. Cette modularité permet d’adapter précisément l’épaisseur à la performance visée, que l’on cherche un simple complément acoustique ou une réelle barrière phonique combinée à une isolation thermique.

Ces panneaux présentent une surface rugueuse, constellée de petites cavités, qui favorise l’accroche des enduits et colles. Ils peuvent être collés au mortier colle, chevillés mécaniquement ou intégrés dans des ossatures bois ou métal. Du fait de leur densité, ils se tiennent bien à la verticale et résistent aux compressions modérées, ce qui autorise leur utilisation en isolation extérieure (sous enduit) ou en sous‑face de planchers. Ils sont en revanche relativement friables sur les arêtes et génèrent une fine poussière noire à la découpe : masque, lunettes et outillage adapté (scie égoïne ou scie sauteuse) sont donc recommandés.

Liège en granulés pour remplissage et isolation phonique par épandage

Le liège en granulés (ou en vrac) est destiné aux remplissages de planchers, de caissons de toiture ou de cloisons. Les granulométries varient généralement de 2 à 10 mm, et les densités de 60 à 120 kg/m³ selon les produits. En acoustique, son intérêt réside dans sa capacité à amortir les vibrations dans les vides de construction, en complément d’un parement massif (plancher, plafond, mur). On peut par exemple combler un plancher bois ancien entre solives avec du liège en vrac pour limiter les bruits de pas et les transmissions entre étages.

En isolation phonique par épandage, l’épaisseur de liège en vrac doit être suffisante pour jouer un véritable rôle de matelas amortissant : 10 à 15 cm sont courants pour les planchers, davantage si l’on ajoute un liant pour réaliser un béton de liège. Attention toutefois : plus on ajoute de liant minéral (chaux, ciment), plus on dégrade les performances acoustiques et thermiques du liège pur, en augmentant la rigidité et la conductivité du mélange. Le vrac est donc particulièrement adapté lorsque l’on peut le laisser « libre » dans un caisson fermé, sans trop le solidariser à la structure.

Mise en œuvre et pose du liège pour optimiser l’isolation phonique

Préparation des supports et traitement des irrégularités avant collage

Comme pour toute isolation phonique, la qualité de la mise en œuvre conditionne une grande partie du résultat final. Avant de coller des panneaux ou rouleaux de liège, il est indispensable de préparer soigneusement les supports : dépoussiérage, dégraissage, suppression des parties friables et ragréage des défauts trop marqués. Un mur très irrégulier créera des vides d’air non maîtrisés derrière les panneaux, ce qui favorisera les résonances et limitera l’adhérence de la colle.

Sur les sols, un ragréage autolissant est souvent nécessaire avant la pose de sous‑couches en liège, notamment si vous comptez poser ensuite un parquet flottant ou un carrelage. Sur les plafonds, on vérifiera la tenue du support (vieux plâtre, hourdis, béton, etc.) et on traitera les fissures importantes avant collage. En intégrant ces étapes préparatoires, vous limitez les risques de décollement, de fissuration des revêtements et de ponts phoniques accidentels.

Colles adaptées au liège : néoprène, acrylique et polyuréthane

Le choix de la colle a un impact direct sur la durabilité de l’isolation au liège. Les colles néoprène (solvantées ou en phase aqueuse) offrent une excellente adhérence immédiate, particulièrement utile pour les plafonds ou les petites surfaces. Elles nécessitent toutefois une bonne ventilation pendant la pose et ne sont pas toujours compatibles avec tous les supports sensibles aux solvants. Les colles acryliques, en dispersion aqueuse, sont moins odorantes et plus confortables à utiliser en intérieur, mais leur prise est un peu plus lente.

Les colles polyuréthane (PU) ou mortiers colles spécifiques sont quant à eux privilégiés pour les fortes épaisseurs, les usages extérieurs ou les zones soumises à l’humidité (sous‑sols, soubassements, murs enterrés). Quelle que soit la solution retenue, respectez toujours les préconisations du fabricant du liège concernant la nature de la colle, la consommation au m² et le temps de gommage. Une colle trop rigide ou inadaptée peut nuire au comportement acoustique en « court‑circuitant » la fonction résiliente du liège.

Traitement des joints et raccords pour éviter les fuites acoustiques

Les joints entre panneaux sont un point névralgique en isolation phonique. Pour que le liège forme une barrière continue, il est impératif de jointoyer soigneusement les rives : ajustement précis des coupes, remplissage des jours éventuels avec de la pâte de liège, un mastic acrylique ou un mortier fin compatible. Sur les murs, on évitera les joints en croix en décalant les plaques d’une rangée à l’autre, ce qui limite les faiblesses linéaires dans la paroi.

En périphérie (plinthes, encadrements de portes, jonctions plafond/sol), les raccords doivent être traités au mastic acoustique ou à l’aide de bandes compressibles pour éviter les fuites acoustiques. Pensez également à l’étanchéité autour des boîtiers électriques : soit on les décale en façade de l’isolant, soit on les enferme dans des boîtiers étanches acoustiques. Sans ces précautions, un travail pourtant soigné sur les surfaces principales peut être largement compromis par quelques points faibles discrets.

Association du liège avec plaques de plâtre phoniques BA13 ou placo phonique

Pour atteindre un très bon niveau d’isolation phonique, l’association liège + plaques de plâtre phoniques est souvent la solution la plus pertinente. Le liège joue le rôle d’interface résiliente et d’absorbeur, tandis que les plaques apportent de la masse et une finition prête à peindre. Les plaques spécifiques « phoniques » (plus denses que les BA13 standard) améliorent encore l’affaiblissement, en particulier dans les médiums et graves.

La mise en œuvre se fait généralement sur ossature métallique ou bois, désolidarisée du support grâce à des bandes résilientes (en liège ou mousse) sous les rails. Les panneaux de liège sont insérés ou collés sur le support, puis les plaques de plâtre sont vissées sur l’ossature, en veillant à limiter les points de contact rigides entre les deux masses. Dans certains cas, un double parement de plâtre (deux couches croisées) permet de gagner plusieurs décibels supplémentaires pour un surcoût limité. Ce type de composition offre un rapport performance/encombrement très intéressant, notamment dans les logements où chaque centimètre compte.

Durabilité environnementale et rapport qualité-prix du liège acoustique

Certification FSC et exploitation durable des chênes-lièges portugais

Sur le plan environnemental, le liège acoustique bénéficie d’un profil particulièrement favorable. Issu de l’écorce du chêne‑liège, principalement cultivé au Portugal, il ne nécessite pas l’abattage de l’arbre : l’écorçage se fait tous les 9 à 12 ans, et stimule même la régénération du suber. Les forêts de chênes‑lièges (montados) jouent par ailleurs un rôle majeur dans la lutte contre la désertification, la préservation de la biodiversité et la séquestration du carbone.

De nombreux producteurs et transformateurs de liège sont aujourd’hui certifiés FSC (Forest Stewardship Council), garantissant une gestion durable des forêts et des conditions de travail respectueuses. Lorsque vous choisissez un produit d’isolation phonique en liège portant ce label, vous avez l’assurance de contribuer à une filière responsable, à l’opposé de certaines mousses pétrochimiques dont la traçabilité reste opaque. C’est un argument de poids dans les projets de rénovation écologique ou de construction bioclimatique.

Analyse du coût au m² : liège versus mousses synthétiques isolantes

Reste la question sensible du budget. Le liège est‑il cher ? Oui, si on le compare aux isolants synthétiques ou minéraux d’entrée de gamme. Selon les épaisseurs et les conditionnements, on trouve des panneaux de liège expansé entre 5 et 60 €/m², là où des laines minérales ou des mousses synthétiques se situent plutôt entre 3 et 20 €/m² pour des performances thermiques comparables. En sous‑couche acoustique, les rouleaux de liège se positionnent également au‑dessus des mousses PE ou PU standard.

Cependant, le calcul doit être élargi au cycle de vie complet. Le liège présente une très grande durabilité (plus de 50 ans sans tassement notable), une excellente résistance aux micro‑organismes, aux rongeurs et à l’humidité, et ne nécessite pas de remplacement prématuré. Il n’émet pas de fibres irritantes, limite les composés organiques volatils (COV) lorsqu’il est pur, et améliore le confort d’été grâce à son inertie. En d’autres termes, vous payez plus cher au m², mais vous investissez dans un matériau pérenne, sain et performant, qui évite des travaux de reprise ultérieurs.

Résistance à l’humidité et longévité du liège en milieux difficiles

Un autre atout déterminant du liège acoustique réside dans sa résistance naturelle à l’humidité. Imputrescible, il supporte des ambiances humides (soubassements, sous‑sols, pièces d’eau) bien mieux que la plupart des isolants biosourcés. Utilisé en isolation de sous‑face de planchers, en isolation de soubassement enterré ou en sous‑couche sur dalle non ventilée, il ne se dégrade pas, ne moisit pas et conserve ses propriétés dans le temps, à condition de respecter les règles de l’art (drainage, étanchéité, parement adapté).

Cette stabilité dimensionnelle et biologique en fait un allié précieux dans les zones « difficiles » où l’on hésite souvent à utiliser des laines végétales ou animales. Pour l’isolation phonique d’un garage, d’une cave, d’un local technique ou d’un plancher bas sur vide sanitaire, le liège offre une tranquillité d’esprit rare. Associé à une mise en œuvre rigoureuse, il garantit une isolation phonique durable, sans tassement ni dégât caché, et participe à la valorisation globale du bâtiment sur le long terme.