Comment reboucher un trou dans une poutre en bois ?

# Comment reboucher un trou dans une poutre en bois ?

Les poutres en bois constituent l’ossature structurelle de nombreuses habitations anciennes et contemporaines. Avec le temps, l’exposition aux intempéries, ou suite à des modifications électriques abandonnées, ces éléments porteurs peuvent présenter des trous, cavités ou dégradations qui compromettent leur intégrité et leur esthétique. La réparation d’une poutre endommagée représente un enjeu majeur tant pour la sécurité du bâtiment que pour la préservation de son cachet architectural. Face à un trou de plusieurs centimètres dans une poutre apparente, nombreux sont les propriétaires qui se demandent s’il suffit d’appliquer simplement de la pâte à bois ou s’il convient d’adopter une approche plus technique. Les méthodes de rebouchage varient considérablement selon la profondeur du défaut, sa localisation, et surtout selon le rôle structurel de la poutre concernée. Une intervention réussie nécessite une évaluation précise de l’ampleur des dégâts, un choix judicieux des matériaux de réparation, et une mise en œuvre rigoureuse des techniques adaptées.

## Diagnostic et évaluation structurelle de la poutre endommagée

Avant d’entreprendre toute réparation, vous devez impérativement réaliser un diagnostic approfondi de l’état général de la poutre. Cette étape préliminaire conditionne la réussite de l’intervention et garantit la sécurité structurelle du bâtiment. Un examen visuel minutieux permet d’identifier non seulement le trou apparent, mais aussi d’éventuelles dégradations périphériques invisibles au premier regard. L’observation des fissures rayonnantes, des zones décolorées ou des affaissements dans la zone endommagée fournit des indices précieux sur l’étendue réelle du problème.

### Identification de la profondeur et du diamètre du trou dans le bois massif

La mesure précise des dimensions du trou constitue le point de départ de toute stratégie de réparation. Un trou de 5 cm sur 4 cm avec une profondeur de 3 à 4 cm, comme celui découvert derrière un bouton électrique abandonné, nécessite une approche différente d’une simple fissure superficielle. Utilisez un mètre, une jauge de profondeur ou même un simple fil rigide pour évaluer la profondeur réelle de la cavité. Cette mesure déterminera le volume de matériau de comblement nécessaire et le type de produit à utiliser. Les trous traversants, qui percent la poutre de part en part, requièrent une attention particulière et souvent un renforcement structurel complémentaire.

### Analyse de la charge portante résiduelle de la poutre en chêne ou en sapin

L’évaluation de la capacité portante résiduelle de la poutre représente un enjeu crucial, particulièrement pour les poutres maîtresses supportant une charge importante. Une poutre de solivage extérieur supportant les planches d’un balcon, par exemple, doit conserver une résistance mécanique suffisante même après réparation. La présence d’un trou réduit la section utile de la poutre et peut créer des points de concentration de contraintes. Si le trou représente plus de 20% de la section transversale de la poutre, ou s’il est situé dans une zone de forte sollicitation mécanique, l’intervention d’un bureau d’études structures peut s’avérer nécessaire pour valider la faisabilité de la réparation.

### Détection des pathologies associées : champignons lignivores et insectes xylophages

Un trou dans une poutre n’est jamais un élément isolé. Il convient d’investiguer systématiquement la présence de pathologies biologiques du

bois. Inspectez attentivement la zone autour du trou : présence de sciure fine (vermoulure), de galeries, de petits trous de sortie, ou encore d’amas cotonneux sont autant de signes d’attaque par des insectes xylophages ou des champignons lignivores. Une poutre extérieure de balcon, par exemple, peut être à la fois fragilisée par l’eau stagnante et colonisée par des champignons type mérule ou coniophore, ce qui impose un traitement curatif avant tout rebouchage.

Si vous suspectez une attaque active (bruits de grignotement, insectes visibles, bois qui s’effrite sous la pointe d’un tournevis), ne vous contentez pas de combler le trou : vous risqueriez de « maquiller » un problème structurel majeur. Dans ce cas, un diagnostic par un professionnel spécialisé en traitement du bois peut s’avérer indispensable, surtout sur une poutre maîtresse. À l’inverse, si le bois est sain, dur et homogène autour du trou, vous pouvez envisager un simple rebouchage esthétique ou semi‑structurel en toute sécurité, en suivant les étapes décrites plus loin.

Utilisation du testeur d’humidité pour mesurer le taux hygrométrique du bois

Le taux d’humidité du bois conditionne la tenue dans le temps de toute réparation. Un bois trop humide dilate les matériaux de rebouchage, favorise les champignons et compromet l’adhérence des résines et mastics. À l’aide d’un testeur d’humidité pour bois (hygromètre à pointes ou sans contact), mesurez plusieurs points autour du trou : sur la face apparente, sur les chants et, si possible, à cœur via la cavité existante. Pour une réparation durable, le taux doit idéalement se situer sous les 18 % pour une poutre intérieure, et sous les 20–22 % pour une poutre extérieure.

Si les valeurs relevées sont supérieures, mieux vaut différer le rebouchage et traiter d’abord la cause : infiltration de toiture, remontée capillaire, absence de protection extérieure. Vous pouvez accélérer le séchage avec une bonne ventilation, un déshumidificateur ou un léger chauffage, mais sans « cuire » le bois, au risque de le fissurer davantage. Comme pour une éponge saturée que l’on veut recoller, tenter de réparer un bois gorgé d’eau revient à condamner la réparation à l’échec : prenez le temps de revenir à un taux hygrométrique compatible avec les produits choisis.

Préparation et nettoyage du trou avant rebouchage

Une fois le diagnostic structurel établi et les pathologies éventuelles traitées, la phase de préparation du trou dans la poutre en bois est déterminante. Un support mal nettoyé ou insuffisamment adhérent sera à l’origine d’un décollement prématuré du rebouchage, de fissures ou d’infiltrations d’eau. Vous allez donc transformer ce trou irrégulier, parfois « sale » ou vermoulu, en une cavité propre, saine et aux parois suffisamment solides pour ancrer durablement la pâte à bois, le mastic ou la greffe en bois massif.

Brossage et dépoussiérage avec une brosse métallique et un aspirateur d’atelier

Commencez par dégager le trou et sa périphérie à l’aide d’une brosse métallique ou d’une brosse nylon dure. L’objectif n’est pas de creuser davantage la poutre, mais de retirer toutes les fibres décollées, les résidus de peinture écaillée, les poussières et salissures accumulées. Pour une poutre en chêne ancienne, procédez avec douceur afin de ne pas arracher inutilement de matière saine ; sur une poutre en sapin plus tendre, adaptez encore davantage la pression pour éviter de creuser les veines tendres.

Une fois le brossage effectué, aspirez soigneusement la cavité avec un aspirateur d’atelier muni d’un embout fin. Insistez sur les angles et les fonds de trou, là où les poussières se coincent le plus facilement. Ce nettoyage méticuleux favorisera la bonne pénétration des traitements fongicides et insecticides, mais aussi une parfaite adhérence des résines et mastics. Vous pouvez terminer par un léger soufflage d’air comprimé si vous en disposez, en veillant à ne pas renvoyer la poussière dans les pièces voisines.

Traitement préventif avec un produit fongicide et insecticide xylophène

Sur une poutre ancienne ou exposée aux intempéries, il est fortement recommandé d’appliquer un traitement préventif de type fongicide et insecticide avant rebouchage. Utilisez un produit adapté aux bois de structure, souvent commercialisé sous forme de gel ou liquide pénétrant. Imbibez généreusement un pinceau et appliquez le traitement à l’intérieur du trou, sur les chants, et sur une zone périphérique d’au moins 20 à 30 cm autour de la cavité. Laissez le produit pénétrer profondément dans le bois en respectant les temps de séchage indiqués par le fabricant.

Ce traitement agit comme une barrière contre les insectes xylophages (capricornes, vrillettes, lyctus) et les champignons lignivores. Il est d’autant plus important si le trou provient d’une zone pourrie ou humidifiée, comme sur les solives de balcon fortement exposées à la pluie. Vous vous demandez si cette étape est vraiment indispensable pour un « simple » trou derrière un ancien bouton électrique ? Même dans ce cas, un traitement localisé sécurise votre réparation sur le long terme pour un coût très modeste.

Application d’un primaire d’accrochage pour bois dégradé

Quand le bois est légèrement dégradé, fissuré ou hétérogène en surface, l’application d’un primaire d’accrochage spécifique pour bois améliore considérablement la cohésion du support et l’adhérence de la résine ou du mastic. Certains systèmes époxy ou polyuréthane prévoient un primaire liquide à faible viscosité qui pénètre profondément dans les fibres, les consolide et crée une interface de collage optimale. Appliquez ce primaire à la brosse dans le fond et sur les parois du trou, en veillant à bien saturer les zones les plus poreuses.

Respectez scrupuleusement le temps de séchage et la fenêtre de recouvrement avant d’enchaîner avec le rebouchage principal. Sur des bois très anciens ou ayant reçu des traitements gras incompatibles (type distillats pétroliers), il peut être utile de réaliser un essai d’adhérence sur une petite zone test. Cela vous évitera de remplir un trou important avec une pâte à bois qui se décollerait quelques mois plus tard, comme un pansement mal collé sur une jambe mouillée.

Sondage au poinçon pour éliminer les zones friables et vermoulues

Le sondage au poinçon, au tournevis ou au ciseau à bois permet d’identifier et de retirer les parties de bois qui ne présentent plus de résistance mécanique. Enfoncez délicatement la pointe dans le fond et sur les flancs du trou : si le bois s’écrase ou se perce sans résistance, il est vermoulu et doit être éliminé. Agrandissez alors légèrement la cavité jusqu’à retrouver un bois dur, homogène, qui oppose une résistance nette à la pénétration du poinçon.

Ce travail peut sembler paradoxal, puisqu’il consiste à enlever encore plus de matière déjà manquante. Pourtant, il est indispensable pour assainir la zone de réparation. Reboucher sur du bois friable reviendrait à construire une maison sur du sable. À l’issue de cette étape, le trou est éventuellement un peu plus grand, mais vous disposez d’un support sain, prêt à être consolidé par une pâte époxy, un mastic à bois renforcé ou une greffe en bois massif selon la technique choisie.

Techniques de rebouchage selon la dimension et la localisation du trou

Le choix de la méthode de rebouchage d’un trou dans une poutre en bois dépend de plusieurs paramètres : dimensions de la cavité, position sur la poutre (zone tendue, zone comprimée, extrémité), essence de bois (chêne, sapin, résineux), exposition (intérieure ou extérieure) et niveau de sollicitation mécanique. Entre la simple pâte à bois pour un trou superficiel et la greffe complète d’un morceau de poutre pour un défaut traversant, l’éventail des solutions est large. L’objectif est de choisir un procédé qui répond à la fois aux exigences esthétiques et structurelles, sans surdimensionner inutilement l’intervention.

Utilisation de la pâte à bois époxy bicomposante pour les trous profonds

La pâte à bois époxy bicomposante est particulièrement adaptée pour reboucher des trous profonds de taille modérée, typiquement de quelques centimètres de diamètre et de profondeur, comme ceux laissés par d’anciens boîtiers électriques, chevilles ou attaches métalliques. Ce type de produit offre une excellente adhérence sur bois préparé, une faible rétractation au séchage et une haute résistance mécanique une fois polymérisé. Il convient aussi bien aux poutres intérieures qu’aux éléments légèrement exposés, à condition de les protéger ensuite par une finition adaptée.

La mise en œuvre est simple : mélangez soigneusement les deux composants selon les proportions indiquées, jusqu’à obtenir une pâte homogène. Appliquez ensuite en couches successives dans le trou, en veillant à bien chasser l’air et à presser la pâte contre les parois. Pour un résultat proche de l’ébénisterie, vous pouvez réaliser un léger cône inversé (plus large en surface qu’en fond) ou l’inverse selon la géométrie du trou, afin de créer un ancrage mécanique. Une fois durcie, la pâte à bois époxy se ponce, se perce et se peint comme du bois massif.

Application du mastic à bois polyester fibré pour les réparations structurelles

Lorsque le trou se situe dans une zone plus sollicitée de la poutre, ou qu’il résulte d’un pourrissement localisé ayant nécessité un curage important, un mastic à bois polyester fibré peut constituer une bonne solution intermédiaire. Chargé en fibres (verre ou synthétiques), ce type de mastic offre une meilleure résistance à la traction et à la flexion qu’une simple pâte à bois. Il est souvent utilisé pour les réparations de menuiseries extérieures et de charpentes légèrement dégradées.

Après préparation du support (brossage, traitement, primaire éventuel), mélangez le mastic et son durcisseur puis comblez le trou en plusieurs passes si nécessaire. Pressez bien le produit pour qu’il épouse les aspérités du bois, sans toutefois le faire couler hors de la cavité. Une fois la polymérisation achevée, vous obtenez une zone durcie qui participe, dans une certaine mesure, à la reprise des efforts, même si elle ne remplace jamais totalement la résistance d’un bois massif sain. C’est une approche de « sauvetage » intéressante lorsqu’un remplacement de poutre est impossible à court terme.

Insertion de chevilles en bois dur et collage à la colle polyuréthane

Pour des trous cylindriques ou légèrement coniques, une solution à la fois simple et robuste consiste à insérer une cheville ou un taquet en bois dur (chêne, hêtre) ajusté à la forme de la cavité. Cette technique se rapproche du rebouchage traditionnel pratiqué par les charpentiers et ébénistes : elle garantit une compatibilité mécanique et hygrométrique maximale entre la réparation et la poutre existante. Elle est particulièrement pertinente pour les trous laissés par des tiges filetées, des chevilles ou des boulons traversants que l’on souhaite supprimer ou déplacer.

Après avoir régularisé le trou au ciseau à bois ou à la défonceuse pour obtenir des parois nettes, façonnez une cheville légèrement conique, d’un diamètre à peine supérieur. Enduisez généreusement la cheville et les parois du trou avec une colle polyuréthane (PU) ou époxy adaptée au bois structural, puis enfoncez la pièce à la massette jusqu’à refus. L’excédent de colle qui déborde est le signe d’un bon remplissage. Une fois la colle parfaitement durcie, vous pourrez affleurer la greffe au rabot ou au ponçage, puis appliquer votre finition (peinture, lasure, vernis) pour masquer la reprise.

Technique de la greffe en bois massif pour les trous traversants de grande dimension

Face à un trou traversant ou une zone de bois très abîmée sur une longueur significative (plusieurs dizaines de centimètres), la technique de la greffe en bois massif s’impose souvent comme la solution la plus durable. Elle consiste à découper proprement la portion de poutre détériorée, puis à la remplacer par un insert de bois massif de même essence, soigneusement ajusté et collé. On peut comparer cette approche à une greffe chirurgicale : on retire le tissu malade pour le remplacer par un tissu sain, parfaitement compatible.

La mise en œuvre nécessite de bonnes compétences en menuiserie ou l’intervention d’un professionnel. À l’aide d’une scie plongeante, d’une défonceuse ou d’une scie sabre, on réalise une découpe rectangulaire aux angles nets, sur une profondeur définie par le calcul structurel. On usine ensuite une pièce de bois aux dimensions exactes, idéalement avec le même veinage et la même orientation de fibres pour limiter les différences de mouvement. La greffe est collée à la résine époxy ou PU, parfois renforcée par des tiges filetées traversantes. Après serrage et séchage, un ponçage et une finition soignée rendent la réparation quasiment invisible, même sur une poutre apparente.

Mise en œuvre de résine époxy de coulage pour la consolidation interne

Dans certains cas, notamment lorsque la poutre présente des cavités internes accessibles par un trou limité en façade, l’utilisation d’une résine époxy de coulage peut permettre de consolider la structure de l’intérieur. Cette technique consiste à injecter ou couler une résine fluide dans les vides internes, parfois en association avec une charge minérale (silice, microbilles) ou des armatures (tiges métalliques, barres en fibre de verre). Elle est utilisée en réhabilitation de charpentes anciennes lorsque le remplacement est impossible ou trop coûteux.

Après avoir curé le bois pourri et bien séché la zone, vous pouvez par exemple introduire une tige métallique ou une barre en fibre de verre dans la cavité, puis remplir autour avec une résine époxy de coulage. Cette combinaison crée un « noyau » interne plus rigide, qui reprend une partie des efforts en flexion. Gardez toutefois à l’esprit qu’il s’agit souvent d’une solution de renfort ou de prolongation de vie, plus que d’une restauration à l’état neuf. En présence de traitements gras préexistants incompatibles, l’accrochage de la résine peut être compromis, ce qui limite la fiabilité de cette approche.

Renforcement structurel de la poutre après rebouchage

Selon l’ampleur du trou initial et l’importance structurelle de la poutre, le rebouchage seul peut ne pas suffire à garantir la sécurité à long terme. Dans ce cas, il est judicieux de compléter la réparation par un renforcement structurel externe, en acier ou en bois, pour reprendre une partie des charges. Ces dispositifs agissent un peu comme une attelle sur un os fragilisé : ils permettent à la poutre de continuer à travailler, tout en soulageant la zone affaiblie et en sécurisant l’ensemble de la charpente ou du plancher.

Pose de platines métalliques et équerres de renforcement en acier galvanisé

Les platines et équerres de renforcement en acier galvanisé constituent une solution rapide et efficace pour consolider localement une poutre endommagée, notamment en appui sur un mur ou au droit d’un perçage important. Fixées de part et d’autre de la zone réparée, elles redistribuent les efforts de cisaillement et de flexion vers des zones de bois sain. On les utilise fréquemment pour sécuriser des abouts de poutres légèrement pourris ou pour reprendre des charges ponctuelles supplémentaires.

La mise en œuvre consiste à présenter la platine ou l’équerre sur la poutre, marquer les points de perçage, puis fixer l’ensemble avec des tirefonds, vis structurelles ou boulons adaptés. Veillez à respecter les préconisations du fabricant en termes de diamètre et de nombre de fixations. Une platine bien dimensionnée et solidement ancrée peut significativement augmenter la capacité portante locale, en complément du rebouchage réalisé avec pâte à bois ou résine époxy.

Installation de profilés IPN ou HEB pour le report de charge

Lorsque la poutre en bois présente une faiblesse importante sur une grande longueur, ou que la charge à reprendre est très élevée (poutre maîtresse, poutre de balcon supportant de lourdes charges), l’installation d’un profilé métallique type IPN ou HEB en passerelle ou en doublage devient une option sérieuse. Le principe est de faire reprendre tout ou partie des efforts de flexion par le profilé acier, qui travaille en parallèle de la poutre existante. Vous conserverez ainsi l’esthétique du bois, tout en bénéficiant de la robustesse de l’acier.

Concrètement, on vient positionner le profilé sous ou à côté de la poutre, en créant de nouveaux appuis porteurs (poteaux, consoles, mur porteur). Des boulons traversants, des étriers ou des sabots métalliques assurent la liaison entre bois et acier, de façon à ce que les deux éléments travaillent ensemble. Cette solution doit être dimensionnée par un bureau d’études ou un ingénieur structure, car elle modifie le cheminement des charges dans l’ouvrage. C’est une réponse particulièrement adaptée en rénovation lourde, notamment lorsque l’on découvre, en cours de chantier, une poutre maîtresse très abîmée qu’on ne peut pas remplacer facilement.

Technique du boulonnage traversant avec tiges filetées inoxydables

Le boulonnage traversant avec tiges filetées inoxydables est une technique de renfort à la fois simple et très efficace pour reconnecter deux parties de bois fissurées ou consolider une greffe. On fore des trous traversants de part en part de la poutre, généralement deux à quatre par section, puis on insère des tiges filetées munies de rondelles larges et d’écrous. En serrant progressivement, on met la poutre en légère compression, ce qui referme les fissures et solidarise les différentes parties, y compris la zone rebouchée ou greffée.

Cette méthode est souvent combinée à l’utilisation de résine époxy ou de mastic structurel injecté dans les fissures avant serrage. Les tiges filetées en acier inoxydable garantissent une excellente durabilité, même en extérieur ou en milieu légèrement humide. Pour des raisons esthétiques, il est possible d’encastrer les rondelles et écrous dans le bois et de les dissimuler ensuite sous des pastilles de bois ou une finition couvrante. Vous obtenez ainsi un renfort discret, mais particulièrement performant, qui prolonge la durée de vie de la poutre endommagée.

Finition et protection de la zone réparée

Une fois le trou rebouché et, le cas échéant, la poutre renforcée, reste à assurer une finition soignée et une protection durable contre les agressions futures : UV, humidité, chocs, salissures. La phase de finition ne se limite pas à un simple aspect décoratif : elle conditionne la résistance de la réparation dans le temps. Un rebouchage parfait mais laissé brut sur une poutre extérieure fissurée risque de se dégrader rapidement sous l’effet de l’eau et du soleil.

Ponçage progressif avec papier abrasif grain 80 à 180

Le ponçage permet de mettre à niveau la zone réparée par rapport au reste de la poutre, et de préparer le support à recevoir la finition. Commencez par un grain 80 ou 100 pour dégrossir, en travaillant toujours dans le sens des fibres du bois afin d’éviter les rayures transversales. Sur les mastics et pâtes à bois époxy, ce premier ponçage sert à éliminer les surépaisseurs et à homogénéiser le relief. Passez ensuite à un grain 120 puis 150–180 pour affiner le rendu et obtenir une surface lisse au toucher.

Sur une poutre apparente intérieure, cette progression de grains est essentielle pour que la réparation se fonde visuellement dans le reste du bois. Sur une poutre extérieure destinée à être peinte, on pourra rester sur un grain 120–150, suffisant pour l’accroche des primaires et peintures. N’oubliez pas de dépoussiérer soigneusement après ponçage, à l’aide d’une brosse souple ou d’un chiffon légèrement humide, avant d’appliquer lasure, saturateur, vernis ou peinture.

Application de lasure ou saturateur pour bois extérieur

Pour les poutres en bois extérieur (auvent, balcon, débord de toit), la protection contre l’eau et les UV est prioritaire. Une lasure de qualité professionnelle ou un saturateur pour bois extérieur constitue une barrière efficace, tout en conservant le veinage du bois apparent. La lasure forme un film plus ou moins épais, tandis que le saturateur pénètre le bois en profondeur sans former de couche brillante ; le choix dépend de l’aspect souhaité et du niveau d’exposition.

Après un éventuel primaire spécifique, appliquez deux à trois couches croisées en respectant les temps de séchage entre passes. Insistez particulièrement sur les abouts de poutres, zones très sensibles aux infiltrations, ainsi que sur la réparation elle‑même. Renouvelez la protection régulièrement (tous les 2 à 5 ans selon les produits et l’exposition) : comme une crème solaire pour la peau, la protection du bois extérieur doit être entretenue pour rester efficace.

Traitement de surface au vernis polyuréthane pour poutre apparente intérieure

Pour une poutre apparente intérieure, notamment dans un salon, une salle à manger ou une chambre, l’esthétique prime souvent autant que la protection. Un vernis polyuréthane, en phase solvant ou aqueuse, offre une excellente résistance à l’abrasion, aux taches et aux chocs du quotidien, tout en mettant en valeur le veinage du bois. Il se décline en finition mate, satinée ou brillante, ce qui vous permet d’harmoniser l’aspect avec le reste de vos boiseries.

Avant application, assurez-vous que la zone réparée est parfaitement poncée et exempte de poussière. Appliquez une première couche diluée si nécessaire (fond dur), laissez sécher puis égrenez légèrement au grain 180–220 pour supprimer les petites aspérités. Poursuivez avec une ou deux couches de vernis non dilué, en étirant bien au pinceau ou au rouleau floqué pour éviter les surépaisseurs. Vous obtiendrez ainsi une poutre uniformément protégée, où la zone rebouchée se fera oublier au profit de l’ensemble de la charpente apparente.

Contrôle qualité et suivi de la réparation dans le temps

La réparation d’un trou dans une poutre en bois ne s’achève pas au dernier coup de pinceau. Un suivi régulier de la zone traitée est indispensable pour s’assurer de la stabilité de la réparation et de l’absence de nouvelles pathologies. Dans les premiers mois, inspectez visuellement la poutre : la pâte à bois ou le mastic présente‑t‑il des fissures ? La greffe en bois reste‑t‑elle bien solidaire, sans jeu ni désaffleurement ? Observez également l’environnement : absence de nouvelles traces d’humidité, de suintements ou de vermoulure.

À moyen et long terme, intégrez la vérification de vos poutres dans votre routine d’entretien du bâtiment, au même titre que le contrôle de la toiture ou des façades. Pour les poutres extérieures, profitez du renouvellement de la lasure ou du saturateur pour vérifier l’état du rebouchage et des renforts métalliques éventuels. En cas de doute sur l’évolution d’une fissure ou sur la stabilité d’une poutre maîtresse, n’hésitez pas à solliciter l’avis d’un professionnel (charpentier, ingénieur structure). Grâce à un diagnostic rigoureux, un rebouchage adapté et un entretien régulier, vous prolongerez durablement la vie de vos poutres en bois, tout en préservant la sécurité et le charme de votre habitation.