Le retrait d’un joint acrylique peut rapidement devenir un cauchemar si vous ne maîtrisez pas les bonnes techniques. Que ce soit pour rénover une salle de bains, remplacer un joint vieillissant ou corriger une application défaillante, cette opération nécessite une approche méthodique et l’utilisation d’outils appropriés. La composition chimique particulière des joints acryliques, notamment leur capacité à adhérer fortement aux surfaces poreuses et non poreuses, rend leur extraction plus complexe que celle des mastics silicones traditionnels. Une mauvaise technique peut endommager les supports, laisser des résidus tenaces ou compromettre l’étanchéité future de votre installation.
Face à cette problématique récurrente dans les travaux de rénovation, il devient essentiel de comprendre les spécificités des joints acryliques et d’adopter une stratégie adaptée. Les professionnels du bâtiment savent que chaque type de joint nécessite une approche particulière, et les joints acryliques ne font pas exception à cette règle. Leur flexibilité une fois durcis, leur résistance aux solvants classiques et leur tendance à laisser des films adhésifs persistants constituent autant de défis à relever.
Identification des différents types de joints acryliques et leur composition chimique
Les joints acryliques se déclinent en plusieurs variantes, chacune présentant des caractéristiques spécifiques qui influencent directement la stratégie de retrait. Les joints acryliques purs sont composés principalement de résines acryliques en émulsion aqueuse, offrant une excellente adhérence sur les supports poreux comme le plâtre, le béton ou la brique. Ces formulations traditionnelles durcissent par évaporation de l’eau, créant un film plastique relativement souple qui peut se découper facilement avec des outils tranchants.
Les joints acryliques hybrides intègrent des polymères modifiés qui améliorent leur résistance aux intempéries et leur durabilité. Ces formulations avancées contiennent souvent des additifs siloxanes ou des résines polyuréthanes qui renforcent leur structure moléculaire. Cette composition complexe rend leur extraction plus difficile, nécessitant parfois l’usage de solvants spécialisés ou de techniques thermiques pour ramollir le matériau avant découpe.
Une troisième catégorie, les joints acryliques peintables, se caractérise par une formulation spécialement conçue pour accepter les revêtements de finition. Ces produits contiennent des agents de liaison particuliers qui, une fois polymérisés, créent une surface microporeuse compatible avec les peintures acryliques ou glycérophtaliques. Cette particularité structurelle influence leur comportement lors du retrait, car la couche de peinture peut masquer la délimitation exacte du joint et compliquer l’opération de découpe.
La connaissance précise de la composition chimique du joint acrylique à retirer détermine le choix des outils et des techniques les plus efficaces pour mener à bien cette opération délicate.
Outils spécialisés et équipements de protection pour le retrait de joint acrylique
Le succès d’une opération de retrait de joint acrylique repose largement sur la sélection d’outils appropriés et l’adoption de mesures de protection adéquates. L’arsenal professionnel comprend plusieurs catégories d’équipements, chacune répondant à des besoins spécifiques selon l’état du joint, sa localisation et les contraintes du chantier.
Cutter stanley FatMax et lames trapézo
Cutter stanley FatMax et lames trapézoïdales pour découpe précise
Parmi les outils indispensables pour enlever un joint acrylique proprement, le cutter type Stanley FatMax équipé de lames trapézoïdales de qualité professionnelle occupe une place centrale. Sa conception robuste et son manche ergonomique permettent d’exercer une pression contrôlée, essentielle pour inciser le joint sans riper ni entailler le support. Les lames trapézoïdales, plus rigides que les lames standards, limitent les déformations lors de la coupe et offrent une meilleure stabilité dans le matériau.
Pour optimiser le retrait d’un joint acrylique durci, il est recommandé d’utiliser des lames neuves ou très peu usées. Une lame émoussée oblige à forcer davantage, augmente le risque de rayures sur le carrelage ou l’acrylique, et laisse souvent un cordon irrégulier plus difficile à extraire. Vous pouvez également varier la profondeur de sortie de la lame en fonction de l’épaisseur du joint : une sortie courte pour les zones sensibles (bac acrylique, receveur) et une sortie plus longue pour les joints massifs sur béton ou maçonnerie.
Un cutter de bonne qualité vous permet aussi de réaliser des incisions longitudinales et transversales très nettes dans le mastic acrylique, ce qui facilite ensuite la prise du joint entre les doigts ou avec une pince. En pratique, les professionnels n’hésitent pas à changer de lame plusieurs fois sur un même chantier : le coût d’une lame neuve est négligeable au regard du temps gagné et de la qualité du retrait de joint.
Grattoir bahco 625 et spatules professionnelles en acier inoxydable
En complément du cutter, le grattoir Bahco 625 et les spatules en acier inoxydable constituent des alliés précieux pour enlever les résidus de joint acrylique. Le Bahco 625 est particulièrement apprécié pour sa lame interchangeable affûtée et son manche bi-matière confortable, qui permettent un travail prolongé sans fatigue excessive. Grâce à l’angle étudié de sa lame, il se glisse sous le film de mastic acrylique et le soulève progressivement, un peu comme un ciseau à bois très contrôlé.
Les spatules inox professionnelles, quant à elles, sont utilisées pour décoller les lambeaux restants et affleurer la surface une fois le gros du joint retiré. L’inox présente l’avantage de ne pas rouiller, même dans les environnements humides comme les salles de bains, et de conserver une bonne rigidité pour gratter efficacement. Sur les supports fragiles (receveurs acryliques, baignoires en résine, laques brillantes), préférez des spatules à bords légèrement arrondis pour réduire le risque de rayure.
En combinant un grattoir rigide et une spatule plus souple, vous pouvez adapter la pression et l’angle d’attaque en fonction de la dureté du joint acrylique et de la nature du support. Cette approche graduée permet d’enlever le joint acrylique proprement, sans arracher de peinture ni éclater les bords du carrelage, ce qui est primordial pour la future pose du nouveau cordon.
Pistolet thermique bosch GHG 23-66 pour ramollissement du joint
Lorsque le joint acrylique est très ancien, fissuré ou surcuit par le temps, l’usage d’un pistolet thermique comme le Bosch GHG 23-66 peut considérablement faciliter l’opération. En chauffant de manière contrôlée le mastic, on le ramollit légèrement, ce qui réduit son adhérence superficielle et permet au cutter et au grattoir de progresser plus facilement. L’idée n’est pas de le faire fondre, mais de le rendre plus plastique, un peu comme on assouplit un plastique rigide au soleil avant de le modeler.
Sur ce type d’appareil, la maîtrise de la température est essentielle : pour la plupart des joints acryliques, on reste généralement entre 80 °C et 120 °C, en maintenant la buse à une distance de 10 à 15 cm. Une température trop élevée risquerait de jaunir les supports sensibles (acrylique, PVC, peintures) ou de déformer un bac de douche. Il est donc conseillé de procéder par passes courtes, en mouvement continu, et de tester l’effet sur une petite zone discrète avant de traiter l’ensemble du joint.
Le Bosch GHG 23-66 offre l’avantage d’un réglage fin de la température et du débit d’air, ce qui permet de s’adapter à chaque configuration : joints en angle, zones proches d’éléments plastiques, ou surfaces verticales susceptibles de chauffer plus vite. En pratique, vous chauffez une section de 20 à 30 cm, puis vous intervenez immédiatement avec le cutter et la spatule avant que le mastic acrylique ne refroidisse et ne se rigidifie à nouveau.
Équipements de protection individuelle et ventilation de l’espace de travail
Souvent négligés lors des petits travaux de rénovation, les équipements de protection individuelle (EPI) sont pourtant indispensables pour enlever un joint acrylique en toute sécurité. Même si le mastic acrylique lui-même émet peu de vapeurs une fois sec, les solvants, poussières et micro-éclats générés lors de la découpe peuvent être irritants pour les yeux et les voies respiratoires. C’est pourquoi il est recommandé de porter au minimum des gants de protection, des lunettes enveloppantes et, en cas d’utilisation de solvants ou de pistolet thermique, un demi-masque avec filtres adaptés.
Les gants nitrile ou néoprène protègent efficacement des solvants comme l’acétone ou le white-spirit, tout en offrant une bonne dextérité pour manipuler cutter et spatule. Les lunettes de sécurité préviennent les projections de fragments de mastic durci ou d’éclats de carrelage, qui peuvent survenir lors d’un mauvais angle de grattage. Enfin, en présence de produits chimiques, une ventilation efficace de l’espace de travail est indispensable : ouvrez les fenêtres, activez la VMC, et évitez de travailler dans une pièce totalement close.
On peut comparer la ventilation à une assurance discrète : tant que tout se passe bien, on n’y pense pas, mais elle devient cruciale dès que l’on utilise des produits plus agressifs pour dissoudre les résidus de joint acrylique. Une bonne circulation de l’air réduit l’exposition aux composés organiques volatils (COV) et améliore le confort de travail, surtout lors de chantiers prolongés ou dans de petites salles d’eau sans ouverture directe sur l’extérieur.
Techniques de découpe et extraction manuelle du joint acrylique durci
Au-delà du choix des outils, la méthode de découpe et d’extraction joue un rôle déterminant pour enlever un joint acrylique proprement. Un même joint pourra se retirer facilement ou devenir un véritable casse-tête selon la façon dont vous l’attaquez. L’objectif est de fractionner le cordon de manière contrôlée, en limitant les déchirures et les résidus adhérents, tout en préservant l’intégrité des supports.
Les professionnels combinent généralement plusieurs techniques : incision parallèle, pelage par sections, retrait des résidus à l’aide de solvants, voire recours ponctuel à un décapeur thermique. Cette approche par étapes permet de s’adapter aux joints acryliques durcis, parfois couverts de peinture ou contaminés par le calcaire et les moisissures. Vous vous demandez comment savoir par où commencer ? La réponse tient souvent à l’état visuel du joint et à l’accessibilité des bords.
En pratique, il est conseillé de travailler par tronçons de 30 à 50 cm, en conservant toujours une extrémité de joint saisissable. Cette méthode évite de se retrouver avec un cordon morcelé en une multitude de petits fragments, particulièrement pénibles à retirer. Plus la coupe initiale est nette, plus l’extraction manuelle sera rapide et propre.
Méthode d’incision parallèle aux surfaces avec angle de 45 degrés
La première étape pour retirer un joint acrylique durci consiste généralement à réaliser une incision parallèle aux surfaces, en respectant un angle d’environ 45 degrés. Avec votre cutter, vous placez la lame de manière oblique entre le joint et le support (carrelage, bac, mur), de façon à entamer le mastic sans attaquer directement le matériau. Cet angle offre un bon compromis entre profondeur de coupe et sécurité pour le support.
On commence par une incision le long de la face la plus accessible, souvent côté carrelage, puis l’on répète l’opération le long de la face opposée, côté receveur ou plinthe. Le but est de “décoller” le joint de chacune de ses lèvres d’adhérence, un peu comme on découpe les bords d’un ruban collant avant de le retirer. Plus ces incisions sont régulières, moins le joint acrylique risque de se déchirer en petits morceaux.
Il est important d’ajuster la pression en fonction de la dureté du joint et de la fragilité du support. Sur un bac en acrylique, vous travaillerez avec des gestes légers et répétés, plutôt que de vouloir tout couper en un seul passage. Sur du béton ou du carrelage grès pleine masse, vous pouvez exercer une pression un peu plus soutenue, tout en restant vigilant aux éventuels éclats en bord de carreau.
Technique de pelage par sections pour éviter les résidus adhérents
Une fois les incisions réalisées, la technique de pelage par sections permet d’extraire proprement de grandes portions de joint acrylique. Il s’agit de saisir une extrémité du cordon, à l’aide des doigts, d’une pince fine ou de la pointe du cutter, puis de tirer progressivement en direction opposée, en maintenant une traction constante et modérée. L’idéal est que le joint se détache comme une bande élastique, emportant avec lui la majeure partie de la matière.
Pour favoriser ce pelage continu, il est judicieux de travailler par tronçons : dès que la résistance augmente ou que le cordon menace de se rompre, vous réalisez une nouvelle incision et repartez de cette nouvelle extrémité. Cette approche segmentée limite la formation de résidus adhérents, ces petites languettes qui restent collées et demandent ensuite un long travail de grattage. En d’autres termes, mieux vaut gagner du temps en préparant des sections propres qu’en bataillant avec des dizaines de micro-fragments.
Si le joint est partiellement recouvert de peinture ou encrassé, vous pouvez préalablement affaiblir la couche superficielle avec une légère chauffe ou un passage de grattoir. Imaginez que vous retiriez un vieux scotch sur un mur : si vous le tirez d’un coup sec, il se déchire ; si vous le décollez progressivement, bande par bande, vous limitez les restes de colle. La logique est exactement la même pour un joint acrylique durci.
Extraction des résidus tenaces avec solvant acétone ou white-spirit
Malgré une bonne technique de découpe et de pelage, il subsiste presque toujours une fine pellicule de mastic acrylique adhérée au support. Pour éliminer ces résidus tenaces, l’usage ciblé de solvants comme l’acétone ou le white-spirit peut se révéler très efficace, à condition de respecter certaines précautions. Ces produits n’ont pas vocation à dissoudre totalement le joint, mais plutôt à le ramollir en surface pour faciliter son grattage final.
L’acétone offre un pouvoir dégraissant et solvant très élevé, mais elle peut attaquer certains plastiques, vernis ou supports synthétiques. Avant toute application sur une baignoire acrylique ou un profilé PVC, il est donc impératif de faire un essai sur une zone peu visible. Le white-spirit, un peu moins agressif, reste souvent privilégié sur les supports peints ou vernis, tout en restant très efficace pour désagréger le film résiduel de joint acrylique.
La méthode recommandée consiste à imbiber un chiffon propre ou un tampon non pelucheux de solvant, puis à l’appliquer localement sur la ligne de joint. Après quelques minutes de temps de contact, le résidu se ramollit et peut être retiré au grattoir ou à la spatule inox sans avoir à forcer. N’oubliez pas de bien ventiler la pièce et de porter des gants adaptés, car ces solvants peuvent irriter la peau et les voies respiratoires en cas d’exposition prolongée.
Utilisation du décapeur thermique wagner HT400 pour joints anciens
Pour les joints acryliques particulièrement anciens, peints à plusieurs reprises ou chargés de calcaire, un décapeur thermique compact comme le Wagner HT400 peut être une alternative intéressante au pistolet thermique classique. Son format pistolet réduit et ses buses spécifiques permettent de concentrer la chaleur sur une zone très précise, ce qui est idéal le long des bords de baignoire, des profilés de douche ou des plinthes PVC. L’objectif est toujours le même : ramollir le joint sans détériorer le support ni carboniser le mastic.
Le Wagner HT400 offre généralement plusieurs niveaux de température, que l’on adaptera en fonction du support et de l’épaisseur du joint. Sur du carrelage ou du béton, une température plus élevée peut être tolérée, tandis que sur un bac acrylique ou un profilé en PVC, il faudra rester dans la plage basse et multiplier les passages rapides. En mouvement constant, vous chauffez le cordon pendant quelques secondes, puis vous intervenez immédiatement avec le cutter et la spatule pour profiter de ce court créneau de ramollissement.
Cette technique est particulièrement efficace pour les joints acryliques recouverts de plusieurs couches de peinture, qui ont tendance à se décoller en plaques lorsqu’ils sont chauffés. Un peu comme lorsque l’on décape une peinture ancienne, la chaleur crée des cloques sous la couche superficielle, ce qui permet ensuite au grattoir de la soulever plus facilement. Bien utilisée, la chaleur devient ainsi une aide précieuse pour enlever un joint acrylique proprement, même après plusieurs années d’exposition.
Préparation chimique des surfaces après dépose du joint
Une fois le joint acrylique retiré mécaniquement, le travail n’est pas terminé pour autant. La qualité et la durabilité du nouveau joint dépendront en grande partie de la préparation chimique des surfaces. Même lorsque la ligne de joint semble visuellement propre, il subsiste souvent un film gras, des micro-résidus de polymère, voire des traces de moisissures ou de calcaire. Ces contaminants nuisent à l’adhérence du futur mastic et peuvent provoquer un décollement prématuré ou l’apparition rapide de microfissures.
La préparation chimique vise donc à neutraliser ces résidus et à rendre la surface parfaitement saine et compatible avec le nouveau joint acrylique. Selon la nature du support (minéral, métallique, synthétique) et l’historique du chantier (présence d’anciens mastics silicone, de peintures, de produits d’entretien agressifs), on adaptera la combinaison de solvants, détergents et traitements fongicides. Vous l’aurez compris : une heure passée à bien préparer les supports en fait souvent gagner plusieurs années sur la durée de vie du joint.
Dans la pratique professionnelle, cette phase intermédiaire est considérée comme aussi importante que la pose elle-même. Elle inclut le nettoyage des pores du matériau, l’élimination des particules libres, mais aussi parfois une neutralisation chimique des anciens produits utilisés. En négligeant cette étape, on risque de superposer des couches incompatibles, comme on poserait une nouvelle peinture sur un mur gras sans l’avoir lessivé au préalable.
Nettoyage et dégraissage des supports avant pose du nouveau joint
Après la dépose mécanique et la préparation chimique de base, vient l’étape clé du nettoyage et du dégraissage des supports. L’objectif est d’obtenir une surface à la fois propre visuellement et chimiquement neutre, prête à recevoir le nouveau joint acrylique. Une surface mal dégraissée agit un peu comme un téflon invisible : même si le joint semble adhérer au départ, il risque de se détacher par endroits au fil du temps, sous l’effet de l’humidité et des variations de température.
Le choix du dégraissant dépendra encore une fois du type de matériau. Sur les supports poreux, on privilégiera des solvants légers à évaporation rapide, capables de pénétrer légèrement dans la matière sans la saturer. Sur les métaux, un dégraissant plus puissant ou un solvant chloré pourra s’avérer nécessaire pour éliminer les huiles, graisses et anciens films de protection. Enfin, sur les supports déjà recouverts de résidus polyuréthanes ou de colles spécifiques, un ponçage très fin permettra de supprimer la couche contaminée avant essuyage final.
Un bon dégraissage inclut toujours trois temps : application du produit, temps d’action, puis essuyage ou rinçage minutieux. Skipper l’une de ces étapes revient à laisser en place une partie du film polluant, ce qui compromet l’accrochage du nouveau cordon de mastic. Pour finir, un séchage complet (air libre ou ventilé) est indispensable : poser un joint acrylique sur un support humide, c’est prendre le risque de piéger l’eau sous le cordon et de favoriser l’apparition de moisissures.
Application d’alcool isopropylique à 99% sur les surfaces poreuses
Sur les supports poreux tels que le plâtre, le béton, la pierre reconstituée ou certains enduits, l’alcool isopropylique à 99 % est particulièrement indiqué pour le nettoyage final avant pose d’un nouveau joint acrylique. Sa faible tension superficielle lui permet de pénétrer légèrement dans les micro-porosités, où il va solubiliser les dernières traces de graisses, de résidus de mastic et de poussières fines. Son évaporation rapide limite par ailleurs le temps d’attente avant la remise en service du support.
Pour l’appliquer correctement, imbibez un chiffon non pelucheux ou une lingette industrielle et passez-le généreusement le long de la ligne de joint, en réalisant des mouvements croisés. Vous pouvez renouveler l’opération une seconde fois dans le sens inverse, afin de bien décoller les particules des aspérités du matériau. Dans les zones plus encrassées, il est possible de laisser l’alcool isopropylique agir quelques minutes avant d’essuyer, tout en veillant à une bonne ventilation de la pièce.
Vous vous demandez si ce type de produit n’est pas trop agressif ? En réalité, l’alcool isopropylique est nettement moins corrosif que de nombreux solvants lourds, et il n’altère pas la plupart des liants minéraux des enduits et bétons. C’est ce qui en fait un excellent compromis pour préparer les surfaces poreuses à recevoir un joint acrylique propre et durable, sans modifier leur structure ni leur teinte.
Dégraissage au trichloroéthylène pour supports métalliques
Les supports métalliques (aluminium, acier, acier galvanisé, inox) exigent un dégraissage plus poussé, notamment lorsqu’ils ont été en contact avec des huiles, des lubrifiants ou des films anticorrosion. Historiquement, le trichloroéthylène a été largement utilisé dans l’industrie pour ce type d’opérations en raison de son pouvoir dégraissant exceptionnel. Il dissout très efficacement les graisses et huiles minérales, laissant une surface parfaitement propre et prête à être jointe ou peinte.
Cependant, en raison de sa toxicité et des réglementations en vigueur, le trichloroéthylène est aujourd’hui strictement encadré, voire interdit à la vente pour le grand public dans de nombreux pays européens. Dans un contexte domestique ou de petit chantier, il est donc préférable de le remplacer par des substituts plus sûrs, spécifiquement formulés pour le dégraissage des métaux (dégraissants industriels sans solvants chlorés, nettoyants à base d’alcools modifiés, etc.). Ces produits offrent un bon compromis entre efficacité et sécurité d’utilisation.
Si vous intervenez dans un cadre professionnel où des solvants chlorés restent autorisés et correctement encadrés, leur utilisation doit se faire dans un environnement parfaitement ventilé, avec port de gants et de protections respiratoires adaptés. Après pulvérisation ou application au chiffon, laissez agir quelques instants, puis essuyez soigneusement jusqu’à disparition complète des traces visibles. Quelle que soit la solution retenue, l’objectif reste le même : obtenir un métal chimiquement propre, condition indispensable pour que le nouveau joint acrylique adhère de manière uniforme et durable.
Ponçage fin grain 240 des résidus d’adhésif polyuréthane
Dans certains cas, la zone de joint peut avoir été contaminée par des adhésifs polyuréthanes, des colles de montage ou des mastics hybrides particulièrement tenaces. Ces produits laissent souvent un film très adhérent que les solvants classiques ont du mal à éliminer entièrement. Pour retrouver une surface saine, un ponçage léger au papier abrasif grain 240 s’avère alors judicieux. Ce grain intermédiaire permet de décaper la couche superficielle sans creuser ni rayer excessivement le support.
Le principe est de travailler avec une cale à poncer ou un support souple, en effectuant des mouvements réguliers et sans appuyer exagérément. Sur les carrelages émaillés ou les supports synthétiques brillants, il conviendra de rester très prudent et de tester au préalable sur une zone cachée, afin de vérifier que le ponçage ne ternit pas le fini de surface. Sur les maçonneries et bétons, en revanche, ce ponçage contribue aussi à ouvrir légèrement le grain, ce qui peut améliorer l’accroche du futur joint acrylique.
Après le ponçage, un dépoussiérage soigneux s’impose : aspirateur muni d’une brosse douce, suivi d’un essuyage à l’alcool isopropylique ou au dégraissant adapté au support. On peut comparer cette étape à la préparation d’une carrosserie avant peinture : tant que des micro-reliefs de colle polyuréthane subsistent, la nouvelle couche (ici le joint acrylique) ne pourra pas se tendre correctement ni offrir une finition homogène.
Erreurs techniques courantes et solutions de rattrapage professionnel
Même en suivant une méthodologie rigoureuse, certaines erreurs reviennent fréquemment lorsqu’on cherche à enlever un joint acrylique proprement. Les plus courantes concernent l’usage excessif de solvants inadaptés, une découpe trop agressive qui endommage les supports, ou au contraire un retrait insuffisant laissant en place une partie de l’ancien joint. Ces maladresses ne sont pas irrémédiables, mais elles nécessitent des corrections spécifiques si l’on veut garantir la durabilité du nouveau cordon.
L’une des erreurs les plus répandues consiste à poser un nouveau joint acrylique directement sur l’ancien, ou sur des résidus mal préparés. À court terme, le résultat peut sembler acceptable, mais l’adhérence est souvent superficielle et la jonction entre anciens et nouveaux matériaux constitue un point de faiblesse. De même, l’utilisation de solvants trop agressifs sur des supports synthétiques peut provoquer des auréoles, des déformations ou des fissurations différées, parfois visibles seulement après remise en eau de l’installation.
Heureusement, la plupart de ces problèmes peuvent être rattrapés si l’on intervient avant la mise en service prolongée. Par exemple, un joint mal adhérent peut être entièrement repris, à condition de ne pas attendre qu’il soit contaminé par le savon, le calcaire ou les moisissures. La clé réside souvent dans un diagnostic honnête de la situation : mieux vaut consacrer quelques heures supplémentaires à refaire proprement une section de joint que de devoir reprendre l’étanchéité complète de la pièce quelques mois plus tard.
Parmi les solutions de rattrapage professionnel, on peut citer :
- La reprise localisée : retirer entièrement le segment de joint défaillant, préparer soigneusement la zone (découpe, nettoyage, dégraissage) puis appliquer un nouveau cordon sur une longueur suffisante pour chevaucher les parties saines.
- Le resurfaçage du support : en cas de rayures ou d’éclats causés par un grattage trop agressif, combler les défauts avec un enduit adapté (mortier fin, résine de réparation) avant de reponcer et de reposer le joint.
Enfin, si des solvants inadaptés ont provoqué des altérations de surface (matage, auréoles, microfissures), il peut être nécessaire de restaurer ou de remplacer l’élément concerné (carreau, profilé, pièce acrylique) pour retrouver un support fiable. Cela peut sembler excessif, mais dans une salle de bains où l’eau circule quotidiennement, un point faible dans l’étanchéité peut rapidement se transformer en infiltration coûteuse. En adoptant une approche inspirée des professionnels – observation, préparation minutieuse, choix adapté des produits – vous maximisez vos chances d’obtenir un résultat propre, durable et esthétiquement irréprochable pour tous vos joints acryliques.
